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Avec ce deuxième livre s’ouvre le temps des sacrifices consentis par les cadres et les militants du FLN ainsi que par les djounoud de l’ALN. S’ouvre aussi le temps des terribles épreuves subies par tous les Algériens pour faire face aux lois d’exception, aux déplacements et cantonnements forcés ainsi qu’aux meurtres de masse commis par l’armée française d’occupation et ses auxiliaires de service.
En mobilisant les moyens militaires les plus importants qu’ait pu connaître l’histoire de l’après-seconde-guerre-mondiale, en tentant de détruire l’organisation politique des villes et briser l’ALN, l’Etat français met en oeuvre une nouvelle stratégie inspirée de ses expériences indochinoises. Pour préparer le terrain à « l’auto-détermination » d’une Algérie nouvelle liée à jamais à la France, il fallait séparer le peuple de son avant-garde combattante, car le libre choix des Algériens ne pouvait se faire « avant la fin de l’insurrection ». Une Algérie « pacifiée » et une frange collaboratrice de la population pour une sorte de self-government, tel était le but de la stratégie de la Ve République française.
Résister, faire face et répondre à cette nouvelle donne imposée par une guerre asymétrique, tel était le défi à relever par le peuple algérien et son avant-garde politique et militaire.
S.L. Bentobbal met en lumière les crises et conflits intérieurs mettant en jeu les divergences quant à la ligne générale à suivre et aux options stratégiques non seulement pour la guerre qui se mène, mais aussi pour le devenir de l’Algérie indépendante. Indépendance dans la dépendance ou indépendance totale et souveraineté de l’Etat algérien, telle était la question.
Dans ce témoignage de l’intérieur, S.L. Bentobbal a estimé non seulement nécessaire mais aussi indispensable de faire parler ceux qui étaient sur le terrain, ses compagnons d’armes ainsi que ses pairs dans le gouvernement des Algériens par les Algériens.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Maître de conférences en histoire contemporaine à l'université d'Alger, Daho Djerbal est, depuis 1993, directeur de la revue Naqd, d'études et de critique sociale. Après une dizaine d'années de travaux en histoire économique et sociale, il s'oriente vers le recueil de témoignages d'acteurs de la lutte de libération en Algérie. Il travaille aussi à la relation entre histoire et mémoire.


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